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GUILLEVIC (E.) - DUBUFFET (J.). Les Murs. Paris, Les Éditions du Livre, 1950, in-folio, en feuilles, couverture, chemise et étui d'éditeur.

ÉDITION ORIGINALE.

Eugène Guillevic (1907-1997) fut reconnu comme une nouvelle voix de la poésie française dès son premier recueil, Terraqué, publié en 1942. Récompensée en 1976 par le Grand Prix de l'Académie de la Poésie française, son œuvre présente la vision d'un monde étrange, inspirée de sa Bretagne natale, appréhendée comme « un univers pauvre de rochers et de fougères dans lequel l'homme fait figure d'étranger ». Comme lui amoureux des choses « basses » (les pierres, la terre...), Dubuffet illustra deux de ses recueils, Les Murs et Élégies, à la demande de René Bertelé pour le second. Pour l'éditeur et critique d'art, Guillevic compte au rang des poètes-artistes défendus par l'éditeur, avec Michaux, Desnos et Prévert.

15 lithographies de Jean Dubuffet (1901-1985) tirées à pleine page en noir, dont une en regard du titre.
Il exécuta cette seconde série quelques mois après son stage à l'automne 1944 chez Fernand Mourlot, et sitôt sa première série, Matière et Mémoire, achevée. Elle fut initiée par le lithographe, éditeur occasionnel, qui souhaitait tirer un « bel ouvrage de grand luxe (100 ou 110 exemplaires) » des Murs de Guillevic, réunissant les douze poèmes et douze lithographies de Dubuffet.
Il ne paraîtra qu'en 1950 aux Éditions du Livre, mais les lithographies, réalisées dès 1945, connaîtront la même année un tirage séparé.
On peut le considérer comme le premier véritable travail d'illustration de Dubuffet dans le domaine de la gravure, Matière et Mémoire étant la réunion fortuite de ses premiers essais sur pierre, sur les conseils avisés de Mourlot. Dubuffet admire Guillevic depuis Terraqué. Sans doute se reconnaît-il dans son univers fruste et lapidaire, qui lui permit d'exprimer sa propre fascination pour le minéral et la pierre lithographique, qui l'émoustille. « Passionnant l'épousaille du papier et de la pierre sous la pesée de la presse » se réjouit-il. La série fut ainsi mûrie sur plusieurs mois, l'artiste finissant par découvrir « des manières de faire plus intéressantes que [ses] premiers essais ».
Graffités, gisants, historiés ou décrépis, ses murs dégagent toujours une présence magnétique. Souvent, ils absorbent les figures de passants et les animaux qui les animent. Symbole d'urbanité, la façade est aussi pour Dubuffet l'occasion d'explorer un autre thème de prédilection, la ville.
Parmi la trentaine de lithographies proposées, l'éditeur en conserve la moitié, et 9 parmi les refusées furent retenues pour constituer les suites des exemplaires sur japon impérial.

L'un des 150 exemplaires sur papier de Montval.

Édition limitée à 172 exemplaires.

Dimensions : 378 x 286 mm.

Coron (A.), 50 livres illustrés depuis 1947, n° 11 ; [...], Jean Dubuffet, Bibliothèque nationale, 1982, p. 5 ; Lebon, L'Œuvre gravé et les livres illustrés par J. Dubuffet, I, pp. 52 à 76 ; [...], From Manet to Hockney, Victoria & Albert Museum, n° 122 ; Dubuffet (J.) - Paulhan (J.). Correspondance, 1944-1968, passim.

 

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Illustrations

  • GUILLEVIC (E.) - DUBUFFET (J.). Les Murs
  • GUILLEVIC (E.) - DUBUFFET (J.). Les Murs
  • GUILLEVIC (E.) - DUBUFFET (J.). Les Murs
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